À propos de la Grande Muraille Verte
En bref, la désertification et la dégradation des terres comptent parmi les défis les plus urgents au Sahel, une région confrontée à une pauvreté extrême et très vulnérable au changement climatique. Ces processus entraînent la réduction des terres fertiles, une baisse du niveau des précipitations et par voie de conséquences, celles des écosystèmes lacustres, fluviaux et la production alimentaire et plongent les communautés rurales dans la faim et la pauvreté. Ces conditions alimentent le chômage, principalement dans les zones rurales, déclenchent des migrations forcées et conduisent souvent à des conflits souvent fonciers et un clivage inter et intra communautaire. A travers l’Afrique, le désert du Sahara s’est étendu au cours du XXe siècle et continue de croître (Thomas et Nigam, 2018). Ces défis soulignent l’urgence d’une solution régionale coordonnée pour les paysages arides et semi-arides du Sahel.
La Grande Muraille Verte (GMV) est une réponse et une initiative panafricaine monumentale visant à relever ces défis à une échelle sans précédent. Conçu comme un corridor de 8 000 km de paysages Sahéliens traversant la partie la plus large du continent, de la mer Rouge à l’est à l’océan Atlantique à l’ouest, la GMV donne la priorité à la restauration des terres et des paysages comme stratégie clé pour renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaire, pour améliorer les moyens de subsistance et aider les communautés à s’adapter au changement climatique.
D’ici 2030, la GMV vise à:
- Restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées;
- Séquestrer 250 millions de tonnes d’équivalent carbone;
- Créer 10 millions d’emplois verts.
Ce Programme est dirigé par l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, avec les soutiens de la Commission de l’Union africaine et des Partenaires Techniques et Financiers. Il est ambitieux visant prioritairement la restauration des terres, des terroirs et des paysages au bénéfice actuellement de vingt deux (22) pays africains. Il permet ainsi de redynamiser des milliers de communautés en réunissant les pays africains et les partenaires internationaux.
D’un point de vue historique, l’idée fondamentale qui a abouti à la création de l’Initiative GMV émane de l’Assemblée Générale de la Communauté des Etats Saharo-Sahéliens (CENSAD) où, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de cette institution se sont réunis en 2005 à Ouagadougou au Burkina Faso. Lors de cette Assemblée générale, ont été mis en exergue les problématiques majeures engendrées par la désertification et la recommandation a été faite de développer un programme conséquent et spécifique de lutte contre ce fléau qui a annihilé les efforts des pays saharo sahéliens.
A la suite de cette importante recommandation de la CENSAD, et après deux années de réflexion, « l’Initiative Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel » fut créée le 30 janvier 2007 « sous l’égide » de l’Union africaine lors de son Assemblée Générale à Addis-Abeba, Ethiopie.
La Grande Muraille Verte (GMV) n’est pas simplement une ligne d’arbres à travers le Sahel. C’est une mosaïque de pratiques durables d’utilisation et de gestion des terres qui se développe sur 8 000 km du Sénégal à Djibouti. L’initiative utilise une approche paysagère pour la restauration des terres, combinant de multiples activités : plantation d’arbres, restauration de la végétation naturelle, construction de structures de collecte d’eau, soutien à l’agriculture durable et création de moyens de subsistance durables pour les communautés.
Malgré des progrès significatifs, la GMV fait face à plusieurs défis : sécuriser le financement à long terme, assurer la coordination entre les 22 pays membres, faire face aux impacts de la variabilité climatique, et mettre à l’échelle les pratiques de restauration réussies. Les perspectives futures comprennent le renforcement des structures de gouvernance, l’augmentation de l’engagement du secteur privé et l’utilisation de la technologie pour le suivi et l’évaluation.
La Grande Muraille Verte (GMV) est une initiative monumentale dirigée par l'Union africaine, conçue pour lutter contre les impacts sévères de la désertification, du changement climatique et de la dégradation des terres dans la région sahélo-saharienne. Elle est conçue comme un corridor de restauration du paysage de 8 000 km s'étendant sur la partie la plus large du continent africain.
La GMV vise à transformer les paysages sahéliens en restaurant 100 millions d'hectares de terres dégradées.
La motivation principale de la GMV est née de la prise de conscience que la désertification, le changement climatique et la dégradation des terres avaient un impact profond sur les principaux moteurs de la croissance économique, de la cohésion sociale, de la stabilité et de la sécurité dans les États sahélo-sahariens. La nature récurrente et intensifiée de ces impacts, malgré les divers plans d'action existants, a mis en évidence le besoin urgent d'une approche régionale fondée sur un engagement commun et des actions concertées.
La GMV est un programme phare africain démontrant comment exploiter les solutions fondées sur la nature pour relever simultanément des défis environnementaux complexes, notamment la dégradation des terres, la désertification, la sécheresse, le changement climatique, la perte de biodiversité, la pauvreté et l'insécurité alimentaire. La région du Sahel, où l'initiative est principalement concentrée, est l'une des plus pauvres du monde et des plus vulnérables au changement climatique, connaissant des températures en hausse et une fréquence accrue d'événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses prolongées et les précipitations torrentielles.
Récompenses
Projets phares mondiaux de restauration. La Grande Muraille Verte africaine a été l'un des dix premiers projets phares mondiaux de restauration récompensés par les Nations Unies en décembre 2022. Ces efforts de restauration pionniers mettent en lumière la manière dont les défenseurs de l'environnement restaurent les écosystèmes dégradés à travers le monde.
En savoir plus
15 octobre 2025, Rome, Italie. Le Directeur général de la FAO QU Dongyu (G) pose pour une photo avec l'un des lauréats. Cérémonie mondiale de reconnaissance technique de la FAO. ©FAO/Giulio Napolitano.

Pour marquer son 80e anniversaire, la FAO a honoré 24 champions forestiers mondiaux pour leurs contributions exceptionnelles à la gestion forestière durable et à la transformation des systèmes agroalimentaires. Cette reconnaissance met en lumière des initiatives innovantes dans le monde entier – de la Grande Muraille Verte de Chine à la Grande Muraille Verte d’Afrique et au Panel Scientifique de l’Amazonie – faisant progresser les “Quatre Meilleurs” de la FAO. Ces efforts témoignent de décennies de progrès dans la protection, la restauration et les moyens de subsistance durables des forêts.


