Clap de fin à Addis après cinq jours de travaux pour renforcer la gestion des connaissances, le suivi-évaluation, et la communication de la GMV
16 مايو 2026 · Updated: 22 مايو 2026

Du 11 au 15 mai 2026, Addis-Abeba, en Éthiopie, a accueilli l’atelier régional sur la gestion des connaissances, le suivi-évaluation et de la communication de l’Initiative Grande Muraille Verte (GMV). Organisée par l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), en partenariat avec la CNULCD, le FIDA, le CIFOR-ICRAF, cette rencontre régionale a réuni les experts en gestion des connaissances, suivi-évaluation, et communication des Structures nationales GMV, ainsi que plusieurs partenaires techniques.
Cet atelier marque une étape importante dans le processus de consolidation institutionnelle de l’Initiative Grande Muraille Verte pour le Sahara et le Sahel. Pour la première fois, les trois piliers stratégiques que sont la communication, le suivi-évaluation et la gestion des connaissances ont été réunis dans un même cadre régional afin de renforcer la cohérence des actions, harmoniser les outils et construire une vision commune autour des enjeux de restauration des terres, de résilience climatique et de développement durable dans l’espace sahélo-saharien.
Dans son allocution de bienvenue, le Point focal GMV de l’Ethiopie, Dr Adefires, a insisté sur la nécessité d’un engagement collectif et inclusif autour de l’initiative. « Le partage des connaissances est une ressource qui se renforce à mesure qu’elle est diffusée », a-t-il déclaré, avant de souligner l’importance du renforcement des capacités, de l’apprentissage collectif et de la mobilisation des jeunes pour atteindre les objectifs de la Grande Muraille Verte.
Prenant la parole au nom du FIDA, M. Yonas Mekonen a rappelé l’importance du Programme régional d’assistance à la GMV comme mécanisme de coordination et de partage des expériences entre les pays membres. « Cette dynamique de coopération et d’intégration doit permettre de renforcer les synergies et de décloisonner les approches au service des objectifs de la Grande Muraille Verte », a-t-il affirmé.
M. Ibrahima Touré de CIFOR-ICRAF a, quant à lui, souligné l’importance du partage des connaissances comme levier essentiel pour améliorer la visibilité et l’impact des actions de restauration. « La gestion des connaissances doit permettre la transformation des expériences locales en solutions régionales capables d’inspirer et d’accélérer les efforts de restauration dans tous les pays membres », a-t-il déclaré.
Dans son discours d’ouverture, le Dr Sakhoudia Thiam, représentant Monsieur le Secrétaire exécutif de l’APGMV, a rappelé l’ampleur des défis auxquels fait face le Sahel, tout en soulignant le rôle stratégique de la GMV dans la restauration des terres, la création d’emplois verts et le renforcement de la résilience climatique. « L’atelier répond directement aux recommandations formulées lors du séminaire résidentiel de Djibouti concernant le renforcement des systèmes de gestion des connaissances, de suivi et de reporting de la GMV », a-t-il indiqué.
Tout au long des cinq jours de travaux, les participants ont abordé plusieurs thématiques stratégiques, notamment l’harmonisation des systèmes de suivi-évaluation, la clarification des critères de caractérisation des projets GMV, l’analyse des différentes plateformes régionales de reporting et de gestion des connaissances, ainsi que la communication stratégique autour des acquis de l’initiative. L’atelier a permis de consolider plusieurs outils techniques innovants, notamment les tableaux de bord interactifs sur la santé des terres, les récits de restauration et les dispositifs de suivi des indicateurs biophysiques et socio-économiques et de faire des recommandations relatives à la gestion, coordination et synchronisation des différentes plateformes régionales de données géospatiales et de gestion des projets et programmes.
Les discussions ont permis de mettre en évidence une évolution majeure de la Grande Muraille Verte. Initialement perçue comme un projet de reboisement, l’initiative est aujourd’hui reconnue comme un programme intégré de restauration des terres, d’adaptation au changement climatique, de préservation de la biodiversité, de développement économique et de renforcement de la sécurité dans les zones sahéliennes.
L’atelier a surtout été marqué par une réflexion approfondie sur les narratifs non objectifs et sans vérification des sources, souvent défavorables à la GMV et la nécessité de renforcer la visibilité des impacts réels de l’initiative. Les participants ont plaidé pour une communication davantage fondée sur les données probantes, les résultats scientifiques, les témoignages communautaires et la production de contenus multimédias capables de déconstruire les discours négationnistes autour de la GMV. Parmi les principaux acquis de la rencontre figure la mise en place d’une nouvelle dynamique régionale autour de la coordination des systèmes de suivi-évaluation, de communication et de gestion des connaissances. Les participants ont recommandé la création d’une véritable communauté de pratique régionale afin de renforcer les échanges d’expériences entre les pays et améliorer la qualité du reporting régional.
Les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé leur engagement à accompagner les États membres à travers des programmes de renforcement des capacités, des formations techniques, la mutualisation des outils numériques et le développement du storytelling multimédia pour valoriser les impacts de la GMV sur les communautés. À l’issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer la coordination régionale, d’améliorer la mobilisation des financements, de consolider les mécanismes de suivi-évaluation et de développer une communication plus stratégique, crédible et orientée vers les impacts.
Clôturant les travaux, le Dr Sakhoudia Thiam a salué la qualité des échanges ainsi que l’engagement des participants et des partenaires. Il a insisté sur la nécessité de disposer d’une feuille de route claire pour assurer le suivi des recommandations formulées durant l’atelier et consolider les acquis de cette nouvelle dynamique régionale autour de la Grande Muraille Verte. Cette rencontre d’Addis-Abeba ouvre ainsi une nouvelle étape dans la consolidation de l’Initiative Grande Muraille Verte, avec l’ambition affirmée de porter une voix régionale plus forte, plus coordonnée et plus crédible lors des prochaines échéances internationales, notamment la COP17 de la CNULCD.



