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Lancement régional de SURAGGWA : 222 millions USD pour fortifier le climat du Sahel

22 décembre 2025 · Updated: 17 avril 2026

Nouakchott, Mauritanie, 15 décembre 2025 – Le Gouvernement de la République islamique de Mauritanie, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (AP-GMV), a procédé, ce lundi à Nouakchott, au lancement régional du programme « Renforcement de la résilience dans la Grande Muraille Verte d’Afrique » (SURAGGWA, sigle en anglais).

Un engagement politique fort pour le SahelApprouvé en juillet 2025 par le Fonds vert pour le climat (GCF — Green Climate Fund), le mécanisme financier des Nations Unies dédié à la lutte contre le réchauffement climatique, ce programme mobilise un financement total de 222 millions d’USD. Ce montant inclut 150 millions d’USD de subventions du GCF et 72 millions d’USD de cofinancements, au bénéfice de huit pays sahéliens: le Burkina Faso, le Djibouti, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, le Tchad et le Sénégal.

Dans son discours d’ouverture,  Salah Eddine Ould El Abass Secrétaire général du Ministère de l’environnement et du développement durable, représentant le Gouvernement de la Mauritanie, a souligné l’importance stratégique du programme pour la région sahélienne:

« C’est avec un grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue à cette importante rencontre régionale, qui se tient dans un contexte environnemental particulièrement sensible, marqué par l’intensification des défis climatiques dans la région du Sahel. Ces défis sont désormais devenus une question de souveraineté, étroitement liée à la sécurité, à la stabilité et aux trajectoires de développement de nos pays. Dans ce contexte, l’Initiative de la Grande Muraille Verte constitue un choix politique et stratégique majeur, adopté par les États africains comme cadre commun visant à renforcer la résilience et à promouvoir un développement durable intégré dans la région. »

Un programme transformateur porté par la FAO

Pour la FAO, SURAGGWA marque une étape majeure dans l’appui aux pays sahéliens face aux effets du changement climatique.

Le Représentant de la FAO en Mauritanie, Jean Sènahoun, a expliqué que le programme repose sur trois composantes : la restauration des paysages grâce à des pratiques agroécologiques et agroforestières pour réhabiliter les terres dégradées ; le développement des chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux, afin d’améliorer l’accès au marché, renforcer les compétences techniques et favoriser l’inclusion financière des petits exploitants, notamment des femmes ; et le renforcement des capacités institutionnelles pour améliorer la planification, le suivi, la coordination et la mobilisation des ressources au niveau national et régional.

Dans le prolongement de cette approche, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, a insisté sur l’objectif ultime : « Au-delà des chiffres, notre vrai succès sera la transformation positive et durable dans le quotidien des communautés. Ensemble, faisons du Sahel un espace plus vert et résilient. »

Une contribution majeure à l’initiative de la Grande muraille verte

De son côté, M. Almoustapha Garba, Secrétaire exécutif de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte (APGMV), a insisté sur l’alignement stratégique du programme avec les objectifs continentaux. « L’engouement et l’intérêt actuels portés par les pays membres montrent à suffisance l’importance de SURAGGWA en tant que modèle et solution de prise en charge de la résilience des populations sahéliennes face aux défis du changement climatique, de la dégradation des terres et de la biodiversité », a-t-il déclaré.

Un partenariat exemplaire avec le Fonds vert pour le climat

Le soutien du GCF a également été salué comme un signal fort en faveur du Sahel: « L’approbation de SURAGGWA par le Fonds vert pour le climat témoigne de la confiance accordée aux pays sahéliens et à leurs partenaires. Ce financement permettra de générer des impacts climatiques, environnementaux et socioéconomiques durables à grande échelle », a indiqué le Représentant du Fonds vert pour le climat, M. Gabriel Boc.

Des impacts concrets attendus

À terme, le programme permettra la restauration de 1,3 million d’hectares de terres dégradées, l’amélioration des conditions de vie de 5,7 millions de personnes et la séquestration de 65 millions de tonnes de carbone.

SURAGGWA contribuera ainsi directement aux objectifs de l’Initiative de la Grande muraille verte, qui vise, d’ici 2030, la restauration de 100 millions d’hectares de terres, la création de 10 millions d’emplois verts et la séquestration de 250 millions de tonnes de CO₂ équivalent.

Une gouvernance régionale renforcée

Le lancement du programme a été suivi, le 16 décembre 2025, par la première session du Comité de pilotage régional (COPIL), instance stratégique chargée d’orienter la mise en œuvre, d’assurer la coordination régionale et de veiller à l’alignement du programme SURAGGWA sur le Plan d’investissement prioritaire décennal 2021-2030 de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte.

Source: FAO